Quelques cartes à champ de vision de plus en plus large, allant de la naissance du « pays de Sumer » jusqu’à la civilisation dite « mésopotamienne ».
Aux VIe et Ve millénaires avant notre ère, la kultur dite d’Obeïd fait un vif essaimage, fait des petits autour du Golfe Persique. Les pays de Sumer rivage ouest du Golfe et d’Elam rivage Nord, mais aussi au rivage Sud le pays de Dilmun, s’entretiennent par le commerce, l’échange, entretiennent une vivacité ethnoculturelle qui sera bien vite dès le milieu du IVe millénaire un tremplin vers un monde de villes/cités……Parmi ce monde nouveau de…villes/cités, la première est Eridu : elle fait surtout office de cité sanctuarisée ou ville-sanctuaire de toute une communauté dite sumérienne : une kultur qui deviendra civilisation et qui ne parle ni une langue sémite ni une langue indo-européenne.Un complexe international civilisationnel se forme vers – 3 000 ans, unissant autour du commerce, de l’échange de denrées, étoffes, minerais rares, bijoux, perles semi-précieuses, à la fois l’Inde en son Nord-Ouest (vallée de l’Indus), à la fois les pays arabiques de Magan (actuelle Oman) et Dilmun au pays de Sumer. Lequel pays de Sumer se hisse à savoir élever des troupeaux de moutons par exemple pour en tirer de quoi faire du troc contre par exemple les minerais rares de son Sud (Dilmun). Toujours à la recherche d’innovation, les Sumériens parviennent à créer des canaux pour rendre irrigables et donc fertiles toutes les terres situées entre les deux bras de fleuves Tigre et Euphrate. Quelque chose de nouveau émerge : un pays de Sumer semble démontrer une maîtrise inouïe de Dame Nature !Carte montrant ce que chaque civilisation pouvait apporter à l’autre, via des échanges par troc.Les échanges commerciaux se multipliant, les Sumériens de la cité-maître du commerce Uruk va former et mettre en place des scribes qui seront chargés d’enregistrer par écrit toutes transactions effectuées allant vers les temples d’Uruk et en sortant. Un système de première au monde, naît : une écriture en cunéiforme sur tablettes d’argile cuites (matériau si abondant en pays de Sumer).Un aperçu très bien fichu qui montre en quelques sortes la zone d’emprise initiale du pays de Sumer en vert, laquelle va essaimer en poussant entre les 2 fleuves Tigre et Euhprate jusqu’à former, en violet, la Mésopotamie. Rappelons que nous sommes dans l’actuel-sud-Irak, en terme de correspondances géographiques…
Carte géomorphologique du « pays de Sumer », constituant le coeur de la future Mésopotamie : « pays entre les deux fleuves » (Tigre et Euphrate). Avec une dyase Uruk/Ur : Ur en gouverneuse politique et commerciale en interface permanent avec le Golfe Persique et la péninsule arabique, … et Uruk, la cité la plus vaste jamais constituée jusqu’alors, officiant sur les champs économiques, marchands, sacrés, artisanaux, artistiques et militaires.
En termes géographiques, on parlerait de « front pionniers ». Les fronts pionniers sont un peu l’arrivée de l’Homme et ses outils adaptés pour se faire une place en Dame Nature et y créer son cocon de civilisation par la maîtrise de Dame Nature. Exemple : la forêt amazonienne recèle de fronts pionniers à vocation de déboisements, fournissant d’abord du bois, plantant ensuite des espèces végétales de remplacement à vocation commerciale type huile de palme. Cette expression front pionnier est ici intéressante à utiliser : les Sumériens vont inventer tout un tas de matériels pour par exemple mettre en culture des champs, détourner le cours de fleuves, bâtir des canaux d’irrigation… Les Sumériens sont les premiers humains à développer une telle capacité d’emprise sur la Nature.
On élargit le champ de vision : d’autres kulturs deviennent aussi civilisations…Au temps du souverain babylonien Hammourabi, qui codifie par écrit tout un lot de lois pour la vie de tous les jours mais aussi de lois divines, ou d’allégeance enver l’Autorité, la cité de Babylone est en orbite de la cité-Etat de Kish : or, Kish était toujours restée le domaine des Rois, des dynastes, des familles d’élites devant toujours protection envers tout le pays de Sumer. Babylone est donc une cité-Etat plus jeune que la plupart des autres, tout autant qu’une « zone d’emprise » en territoire moins sumérien qu’akkadien (langue parlée akkadienne) : en d’autres termes Babylone reçoit en tant que cité-Etat le rôle d’une poussée de diffusion mésopotamienne en direction toujours plus au Nord et au Nord-Ouest… Vers des kulturs anatoliennes, levantines, caucasiennes qu’elle ne connaît pas tout-à-fait ! C’est le début de premiers chocs civilisationnels au Moyen-Orient, …
Voilà, le voyage de carte en carte est terminé !
Frédéric Coulon
Historien antique et religieux diplômé : pour tout vous transmettre depuis les origines du monde. Journaliste diplômé pour tout écrire de manière dynamique. Enseignant diplômé pour rendre le complexe accessible à toutes et tous. Pour tout le reste : un peu d'huile de coude et mon gros esprit de synthèse.