Aux origines des Arabes – I : du berceau éthiopien aux royaumes préislamiques
« Les Arabes au début de l’islâm, comme ils étaient très nombreux, ils conquirent rapidement la Syrie, l’Irâq et l’Egypte. Puis ils marchèrent sur le Sind, l’Abyssinie, la Tunisie et le Maghreb et, enfin, sur l’Espagne […] et l’Empire musulman atteignit son extension maximum », selon Ibn-Khaldûn, dans son Al-Muqaddima (Discours sur l’Histoire universelle).
Quelles sont justement les origines plurimillénaires des Arabes,en remontant loin dans le temps préislamique ?
Véritable précurseur de l’histoire, de la sociologie ou de la philosophie de l’État,le savant Ibn-Khaldun, né à Tunis au XIVe siècle, mort au Caire en 1406, reste l’auteur d’un énorme ouvrage de classe et renommée sans frontières ni limites temporelles, tant les idées qu’il développe sont universelles. Cet ouvrage ayant exigé un travail colossal ou bien un génie, ou les deux,"Al-Muqaddimah" est un traité historique et sociologique complet qui explore les schémas d'ascension et de chute des civilisations,et non seulement de tel ou tel empire, qu’il soit arabo-musulman ou autre. Ibn-Khaldun explorela nature de la société, l'économie, le rôle du leadership,l’éducation et la culture des populations,démontrant ses capacités de savant pluridisciplinaire.

Si Ibn-Khaldun a toujours considéré les Bédouins comme le moteur de la civilisation arabo-musulmane, c’était selon deux critères : les Bédouins sont le gros des troupes de conquête islamique du plus grand empire arabo-musulman constitué et à jamais égalé dès les débuts de l’Islam au VIIe siècle de notre ère ; c’est aussi parce que Bédouin lui-même Ibn-Khaldun considère que les Bédouinset leursolidarité tribale, la'asabiyya, disposent d’un courage nécessaire pour bousculer les empires et fonder de nouvelles dynasties. Même s’ils manquent par nature d'aptitude dans l'art de bâtir et maintenir des civilisations sédentaires durables, selon lui.Au fil du temps, l'élite dirigeante perd son ‘asabiyya d'origine, devenant décadente et vulnérable à la conquête par un nouveau groupe avec une cohésion sociale plus forte.
L’Ethiopie, foyer des Afro-asiatiques il y a 18 000 ans
Arabes, Berbères, Touaregs, Ethiopiens ontpourorigine commune lesAfro-asiatiques.Vers- 16 000ans, leshauts plateaux éthiopiensoffrent desressources permettantuneforte population.LesAfro-asiatiques d’Ethiopiesont ainsià l’origine de tous les peuples afro-asiatiques. Ilsvont descendre le Nil jusqu’à la mer Méditerranée.Vers -12 000, le climat devient plus humide et propice : lesAfro-asiatiques longent jusqu’au Maroc la côte nord-africaine, quand d’autres franchissent par petits groupes le Sinaï pour gagner la Palestine.

Au Croissant fertile : naissance du proto-sémitique, langue d’origine de l’arabe
Vers – 10 000 ans,se conjuguent en un même espace Proche et Moyen-oriental les premières domestications de chèvres et moutons par des éleveurs montagnard du Zagros (chaîne montagneuse entre Irak et Iran), éleveurs nomades qui vont occuper de leurs troupeaux les pourtours arides des plaines fertiles mises en culture par de premiers cultivateurs de blé et orge en sud-irakien (soit en une région qui formera la civilisation mésopotamienne). La diffusion de ces animaux et plantes domestiquéss’effectuepartoutet le proto-sémitique naît.Cettelanguedu proto-sémitiquese diffuse chez les éleveursdes pourtours aridespuischez lescultivateursdes plaines fertiles : mais leséleveurs du Croissant fertile(leLevant)sont le moteur du développement de cette langue proto-sémitique (dont sera issu un jour l’arabe)!Anecdote : lesagriculteursSumériensdes plaines fertiles et qu’ils irriguent par des canaux, du sud-irakien,fondateurs de la brillante civilisation mésopotamienne,conserverontleur langueatypique non-sémitique.
Expansion sémitique vers le Yémen, le Sahel
Vers – 6 000,leséleveurs sémitiqueset leurs flux commerciaux étendent leur hégémonie sur toute la péninsule arabique.Dans le même temps, l’irrigation gagne toute la Mésopotamie et l’Egypte.Les montagnes du Yémen, à la pluviométrie abondante,deviennentunpôle de dynamisme.LesBerbères atteignenteux,leslimites du Sahel.A partir de -4000 ladésertificationvacroissante :Mésopotamie et Egyptesontobligées d’accélérerbien des essais et innovations pour pouvoir continuer de vivre décemment.Leurs innovations offrant leur future réussite, auront été le fruit de réflexes civilisationnels de survie. La péninsule arabique par exemple, depuis quatre millénaires verdoyante, se voit ainsi vers – 4 000 ans subirune aridité globale : les montagnes du Yémen et du Maroc deviennentlerefuge des populations.Du Maroc, despopulations nomadesBerbères s’étalent d’ouest en est en Afrique du Nord,quand les populationsSud-Arabiques,notamment yéménites,vont traverser la mer Rouge pour s’installer dans l’Erythrée et l’actuel nord-éthiopien.Mais d’autres populations Sud-Arabiques font le choix de se sédentariser en péninsule arabique.
Des civilisations émergent en péninsule arabique
Au Yémen, des traces de civilisations existentdès le Ve millénaire av. J.-C.En actuelKoweït,depremières preuves de navigation ont été trouvées.Au IVe millénaire, dans la région de l’actuel Oman naît une brillante civilisation : Magan, quand en Arabie orientale naît la non moins brillante civilisation de Dilmun. Ces deux dernières civilisations brillent en effet par le pont maritime commercial qu’elles organisent pendant longtemps entre les grandes civilisations mésopotamienne et de la vallée de l’Indus. Il ne faut jamais oublier qu’il n’y a jamais eu une grande civilisation sans l’aide, par des échanges divers, d’autres grandes civilisations. La mondialisation actuelle n’est que reprise d’une proto-mondialisation de l’époque : déjà il y 5 500 ans.
Région du Dhahran (Arabie Saoudite)
Les relations sont nourries entre la Mésopotamie et la région Dhahran : en actuelle Arabie saoudite, non loin de la rive ouest du golfe Persique. De nature plus approfondie que de simples expéditions commerciales. L'inventaire céramique des assemblages funéraires comme les cairns de type Hafit dans la péninsule d'Oman, ou de ceux d'AS 27 en Arabie orientale constituent du matériel importé de Mésopotamie voire imité. On y note la présence de poteries mésopotamiennes sur les deux rives du golfe Persique, avec la nécessité pour les élites mésopotamiennes de se procurer les matières premières utiles à l'élaboration de biens de prestige : cuivre, pierres diverses et denrées exotiques. Mais attention, dans le Dhahran, région d’actuelle Arabie Saoudite, on note une présence préalable et pionnière de proto-Elamites, avant les Mésopotamiens : de type colonisation pour extractions du cuivre local.
Dilmun : « paradis » des Mésopotamiens
De nombreux temples et sanctuaires ont été mis au jour à Bahreïn (anciennement Dilmun): certains spécialistes y voient la position de matrice religieuse du Dilmun envers les Mésopotamiens. Le royaume deDilmunrégissaitl'île deBahreïn,l'île de Failaka au Koweït, et s’étendait sur les côtes de l'est de la péninsule arabique. Dilmun devait être un comptoir par où transitaient l'or, la cornaline, l'ivoire, diverses essences d'arbres, le cuivre, la diorite. Sous forme de troc les Mésopotamiens devaient proposer en échange leurs créations textiles, des denrées agricoles, des peaux, des objets d'art. Les souverains mésopotamiens tenteront de monopoliser ce trafic en s'emparant de ces contrées ou raffermissant une tutelle.
Dans les écritures de mythes mésopotamiens, le mythe d'Enki et Ninhursag paraît décrire Dilmun tel un paradis mythique : « Sainte est la ville qui vous est envoyée, Saint est le pays de Dilmun / Saint est Sumer..., saint est le pays de Dilmun / Lorsqu'il se fut installé le premier à Dilmun, le lieu où Enki s'installa avec son épouse / Ce lieu devint pur, ce lieu est rayonnant ». On apprend plus loin dans ce mythe que Dilmun doit son aspect luxuriant au dieu sumérien de la sagesse et des abysses, Enki, qui y apporta l'eau en faisant se rejoindre « l'eau du dessous » (eau douce) et celle du « dessus » (l'eau de mer).
Selon l'Epopée de Gilgamesh cette fois-ci, c'est à Dilmun que résidait Ziusudra, l'unique survivant du Déluge. Gilgamesh tentera de lui demander le secret de la vie éternelle. La fin du récit mésopotamien du Déluge se réfère à nouveau à Dilmun, lorsque Ziusudra sort de l'arche, offre un sacrifice, est transfiguré en dieu et est installé « dans le pays de passage, le pays de Dilmun, là où se lève le soleil ».
Plusieurs temples ont été mis au jour en effet : comme le temple du Barbar en 1954. Il est composé d'une plate-forme ovale de 70 m de long et sa cella, son enclos sacrificiel, son long escalier de 15 m donnant accès à un bassin, soigneusement bâti en blocs de calcaire appareillés. Ce bassin était connectée à une source naturelle, alimentant le temple pour les besoins de purification et autres besoins du culte. Mais il symbolise aussi une connexion avec l'Apsû, la mer d'eau douce, domaine du dieu Enki à qui ce temple devait être dédié.

Le royaume de Magan
Leroyaume de Magan(ou Makkan) est une ancienne région identifiée par les archéologues et les historiens avec l'actuelSultanat d'Omanet une partieportuaire plutôt localisée dans lesactuelsÉmirats arabes unis. Dès le milieu du IIIe millénaire, Sargon d'Akkad, souverain unificateur par la force des cités de Mésopotamie sous bannière de son Empire d’Akkad, nous rapporte que des navires mésopotamiens ramènent toutes sortes de richesses du pays de Magan : cuivre, bois, or, argent. Et lorsque cette source vitale d’approvisionnements se rebellait, des expéditions militaires akkadiennes y étaient dépêchées pour mettre la main sur les sources et circuits d’approvisionnements.

Une dynastie arabe occupe Babylone vers – 1 400 ans
D’après Ctésias,historien grec du Ve av. J.-C., les Ismaélites occupaient une partie de la Mésopotamie et une grande partie de l’Arabie. Le roi arabe à cette époque était Ariée et faisait la guerre contre Ninus, chef de Babylone et de Ninive. Selonl’historienFerdinand Hoefer, une dynastie arabeétait parvenue àoccuperBabylone en 1400 av. J.-C.
La révolution « dromadaire »
Vers – 1100,ledromadaireestdomestiqué, d’oasis en oasis vont se mettre en place des flux commerciaux et un commerce menés par des caravaniers.La vie des Arabes semi-nomades est transformée :la traversée desdésertsà la recherche de nouvelles ressources,devient possible, en s’organisant. Les pistes caravanières formentainsiun réseau d'itinéraires,etla route de l'encens est utiliséepour le transport d'encens et d'épices.Epices et encens sont cependant transportés davantage par voie maritime que par les routes du désert. Unepuissance arabe se constitue autour du commerce à grandes échelles : le royaume de Saba.

Le royaume de Saba domine la péninsule arabique
Le royaume de Saba dominelapéninsule arabique au VIIIesiècle av. notre ère.Il apour capitale Marib, principal nœud sur la route de l'encens en Arabie.Avec prodige pour l’époque, déjà vers 1700 av. J.-C les Sabéensavaientconstruit le grand barrage de Marib. Bâti pour résister aux crues soudaines saisonnières qui déferlaient dans la vallée, il fut considéré comme une merveille d’ingénierie du monde antique et un des plus belsexemples d’architecture dans la péninsule Arabique.A noter queles premiers programmes d'irrigation à grande échelle dans la régionavaientcommencé au IIIe millénaire av. J.-C.Les Sabéens s’inscrivaient donc dans une forme de tradition de savoir-faire en ingénierie.Le savoir-faire en ingénierie des Sabéens permettra l’ingéniosité des Nabatéens dans leurs captations et rétentions des eaux pluviales.

À son apogée, sous le règne de Karib'il Watar, le royaume de Saba a étendu sa souveraineté sur une grande partie de l’Arabie du Sud etmêmedans le nord de l'Éthiopie et l'Érythrée actuelles, où les Sabéens avaient fondé plusieurs colonies de peuplement. La présence de l'influence sabéenne en Éthiopie et en Érythrée se retrouve d'ailleurs dans l'architecture, la religion et les nombreuses inscriptions présenteslocalement. Mais au IIIe siècle av. J.-C.,le Royaume de Saba ne parvient plus à contenir et retenirles royaumes de Qataban, Hadramout et Ma’in,qui deviennentindépendants.
Le royaume de Ma’in brille au sud de la péninsule arabique
Qaryat al-Fawest une citéfondéeau sud de la péninsule arabiquepar des marchands ou colons du royaume de Ma’in, un Etat situé dans les terres fertiles de l’actuel Yémen.Ces Minéens s’enrichissent du commerce de l’encens et de la myrrhe : des résines qu’ils récoltent.Le clan al-Sabi semble avoir fondé Qaryat al-Faw entre le IVe et le IIIe, dans une vallée aux portes du désert de Rub al-Khali. Aujourd’hui aride, la cité comptait à l’époque une grande surface de terres agricoles et plusieurs dizaines de puits. Les Minéens la surnommaient la « cité du Paradis ».Emplacement stratégique :cette cité était uneétape incontournable pour les caravanes du Sud transportant l’encens destiné aux temples du bassin Méditerranéen.Le site reliait les ports de la mer Rouge au golfe Persique et à la Mésopotamie.L’apogée de son développementse situeau Ier siècle apr. J.-C.La population de la cité, avec sa richesse culturelle, disparaît mystérieusement au Ve, se retrouvant vassalisée par Himyar, un puissant royaume expansionniste du Sud de l’Arabie qui contrôle la côte Ouest de la péninsule, où se trouve La Mecque.

Siles royaumesde Ma’in et Sabapermettent grand commerce, enrichissement et apport à d’autres civilisations de biens précieux, rares, il est un autre royaume arabe qui est positionné dans l’Histoire de manière plus importante, à même époque,parce qu’il guerroie et dispose d’armées : le royaume de Qédar.
Royaume de Qédar et première mention du nom « Arabes »
Les Arabes installés dans le nord de l'Arabie, la Jordanie, le sud de la Palestine, le sud de la Syrie, et à la frontière orientale de l'Égypte étaient les Qédarites, dont le royaume a sans doute disparu au début du IVe siècle av. J.-C. au moment où les Nabatéens arrivent dans la région, ou plutôt en une phase historique où les Nabatéens prennent le dessus sur eux sur les plans militaire, commercial, culturel.
La première mention des « Arabes » est apparue au milieu du IXe siècle av. J.-C. dans le monolithe de Kurkh, un enregistrement en langue akkadienne de la conquête assyrienne d’Aram. La partie finale du récit inscrit sur le monolithe contient le décompte des belligérants de la bataille de Qarqar, lors de laquelle une « alliance de douze rois » combattit Salmanazar, souverain d’Assyrie, dans la ville syrienne de Qarqar. Parmi ces rois figure justement Gindibu l'Arabe, roi de Qédar.

Les inscriptions royales assyriennes et babyloniennes ainsi que les inscriptions nord-arabes du IXe siècle av. J.-C. au VIe siècle av. J.-C., mentionnaient les rois de Qedar comme roisunificateursdes Arabes etdesIsmaélites.La mention « Arabes » désignera petit-à-petitles habitants de la péninsule Arabiquemais aussiles différents groupes arabes qui peuplaient leCroissant fertile à l'époque préislamique : tels que les Qédarites, les Nabatéens, les Ghassanides, les Lakhmides, les Arabes de Palmyre, de l'Osroène, de la Commagène, de la Characène, d'Hatra et de la Haute Mésopotamie, du Sinaï et de l'Anti-Liban (Iduméens).
Les royaumes arabes préislamiques et leurs héritages transmis
La péninsule arabique voit au IIIe siècle de notre èreShammar Yahri'sh, souverain d'Himyar,l’unir sous sa domination, brisant la domination du royaume de Saba.Sous la domination Himyarite, l'Arabie du Sud a obtenu une nouvelle période de prospérité et de stabilité.Puis durant le règne d'Abîkarib As’ad (380-440), surnommé le Parfait, Himyar établit sa domination sur l'Arabie centrale (Nejd) et le judaïsme devint la religion officielle de l'Etat. À la suite de la conversion d'Abîkarib As'ad, les princes des grandes tribus ainsi que le peuple se convertirent, conduisant au déclin et à la disparition du paganisme en Arabie du Sud.Les navireshimyaritesde commerce sillonnaient les routes au large de l'Afrique et la Méditerranée. Ilsfournissaient l'Empire romain en ivoire africain et concourait au commerce de résines précieuses comme l'encens et la myrrhe(les arbres dont sont extraites les résines aromatiques ne poussent qu'en Oman). Le royaume des Himyaritesdominera lapéninsulearabiquejusqu'au VIede notre ère.

À la fin du Ier millénaire av. J.-C.,despopulations arabes s'installent à Palmyre. Ces derniers sont crédités, en 217 av. J.-C., pour avoir aidé Antiochos III, le roi séleucide, à la bataille de Raphia en envoyant un contingent de 10 000 hommes sous le commandement de Zabdibel, un de leurs cheikhs. Les palmyréniens se considéraient d'ailleurs comme des Arabes. La villede Palmyrefaisait partie d’unpuissantréseau marchand reliant la Syrie à la Mésopotamie et à la côte méditerranéenne. Le nom de Palmyre est mentionné pour la première fois dans les sources gréco-romaines en 41 av. J.-C., quand Marc Antoine lança ses troupes contre elle, pourla piller et satisfaire en butin ses légionnaires.Intégrée à l’Empire romain sous Tibère, en l'an 19de notre ère, Palmyre atteignit son apogée sous Hadrien.
AuIIIesièclede notre ère, Palmyre échappeaux invasions perses qui ravagentla Syrie en 252puis260. Après 260, Odénat, un notable arabe de Palmyreestchargé par l’empereur Gallien de coordonner la défense de l’Orient. Allié des romains et ralliant les tribus arabes de l'Euphrate, Odénatfondealorsle royaume de Palmyre :c’est-à-dire que lui et la Palmyre qu’il avait brillamment défendue se voient attribuer le droit de se constituer en royaume.La Reine Zénobie, son épouse, profite de la mort d’Odénat pour se proclamer impératriceavec son fils Wahballat.Cherchant leur pouvoir autonome régionalement.Palmyre se retrouve alorsmalgré elle impliquéeet broyéedans une guerre civile romaineoùla Reine Zénobie estvaincue par l'empereur romain Aurélien.

Une dynastie arabe unira péninsule arabique au sud de l’Irak : les Lakhmides.Au IIe sièclede notre ère, les Lakhmidesmigrent du sud-arabique versle centre et sud de l'Irak actuel et fondent le Royaume lakhmideavec pour capitale Al-Hira.Le royaume Lakhmidea étéfavorisé,installé et aidé à se constituer, par les Sassanides : pour servir de rempart de la position sassanide (perse de culture) contre l’Empire byzantin et ses alliés Ghassanides. L’Empire byzantinavait en effetcréé de toutes piècessur le territoire de la Syrie actuelle le royaume des Ghassanides, pour l’utiliser comme forces militaires d’interposition et comme glacis entre ses positions et les positions sassanides.Les deux royaumes se font la guerre pour le compte de leur suzerain respectif. Bien qu'alliés des Sassanides, les Lakhmides furent très attachés à leurs traditions, gardant ainsi une culture typiquement arabe : et leur royaume arabe préislamique va permettre à la dynastie Lakhmide de régner sur la Mésopotamie et l’est de l’Arabie de 300 à 602 !Avant de devenir vassaux des Sassanides, et d’être en quelques sortes pris en otage par la grande Histoire du Moyen-Orient.Les Lakhmides sont à retenir comme ayant été des unificateurs de la péninsule arabique, d’habiles conquérants, d’habiles marins opérant dans le golfe Persique, et les premiers à rédiger l’arabe.Leur capitale, Al-Hira, fut un centre majeur de piété et d’apprentissage chrétiens nestoriens dans le centre de l’Irak avec ses évêques, ses nombreuses églises et monastères et sa célèbre population lettrée de chrétiens arabes, les ʿIbād. Ces derniers jouèrent un rôle important dans le développement des sciences.LesGhassanidessontles Arabes articulés par les Arabes Lakhmides : ils fondent un royaume centré sur la ville de Jabiyah, dans le Golan (au Levant)vers la fin du IIIe sièclede notre ère. Les rois Ghassanides permettent une expansion de l’urbanisation et bâtissent plusieurs églises, monastères etleurs grands palais : leur culture de courservira demodèle pour les califes Omeyyades et leur cour. L'art arabe préislamique des Ghassanides influenceraénormémentl'art Omeyyade.En Haute Mésopotamie,des Arabes établissent le royaume d'Hatra au IIe sièclede notre ère. Les auteurs grecs et romains nommaient d'ailleurs ce royaume « Arabie ». Les premiers dirigeants d'Hatra utilisaient le titre de marya (seigneur), mais à partir des années 170, ils ont commencé à utiliser le titre de malka (roi), prenant le titre de « roi des Arabes ». Étant une capitale d'un des principaux royaumes de la région et en raison de sa position stratégique le long des routes commerciales caravanières, Hatraétaitvitedevenue un centre religieux important.

Ptolémée divisait les territoires arabes en 3 régions : l'Arabie pétrée(polarisée parla grande capitalePétrafondée par les Nabatéens), l'Arabie Déserte, correspondant au désertcaravanierde la péninsule Arabique et l'Arabie heureuse, correspondant au territoire fertile de l'actuel Yémen, soit le sud de la péninsule arabique qui a connu tant de civilisations et puissants royaumes arabes. Si deux régions ont été vues ici, Arabie Déserte et Arabie Heureuse, au prochain article sera étudié l’Arabie Pétrée et ses Nabatéens, qui étaient allés au-delà de l’ambition d’un royaume, cherchant l’empire !
Bertrand, Pour trois raisons, je vous adresse un très grand merci : 1/ certaines cruautés de l'Histoire (l'Histoire,... même des…
Bonjour Frédéric, je viens de découvrir votre site et vos publications, une vraie respiration, un bol d'air frais. Bref beaucoup…