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Esprit & Histoire
Par le polymathe Frédéric Coulon : un regard quantique universel sur l'espace-temps-matière pour une Histoire-Monde cherchant à expliquer jusqu'au vide-même où tout se pense et se crée
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Home/ACCUEIL/ART DE LA GUERRE – I : l’invasion foudroyante de l’Europe il y a 5 500 ans

ART DE LA GUERRE – I : l’invasion foudroyante de l’Europe il y a 5 500 ans

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Vers 3500-3200 av. J.-C., les Yamnas font face à une steppe pontique s’asséchant, à des températures plus froides : ils s’organisent techniquement pour pouvoir faire paître leurs troupeaux de moutons dans des zones plus vastes, avec l’emploi de chariots de transport sur de longues distances et autour de la domestication du cheval, qui permet un gain considérable de mobilité tout en pouvant permettre en pleine migration de se nourrir de lait de jument. La steppe pontique qui voyait son espace naturel être le pré carré des Yamnas se voit quittée du fait d’une extension vers l’ouest des territoires de pâture mis dans l’escarcelle yamna. Les Yamnas atteignent l’Europe centrale, l’Allemagne du Sud. Mais ils ne sont plus seuls ! Les Yamnas sont considérablement soutenus, coordonnés, encadrés par des seigneurs de guerre et sages Maïkop, civilisation-mère des nomades Yamnas, établie sur le pourtour Est de la mer Noire… Là est le levier proto-indo-européen à l’origine donc des civilisations dites indo-européennes, aux langues-sœurs, depuis l’Inde jusqu’en Europe.

Cette migration combinant les proto-Indo-Européens Yamnas et Maïkop, éclate cette fois-ci certaines frontières naturelles comme le Rhin. L’Europe de l’Ouest, d’Espagne aux îles Britanniques en passant par la façade Atlantique, découvre à son tour ces arrivants fulgurants venus d’Est. Parmi la panoplie des armes de ces arrivants : la hache de combat, dont la lame est en…bronze. Toute une aire culturelle prendra d’ailleurs le nom de kultur des Haches de combat. Le plus fascinant est que les guerriers les premiers équipés de toute l’histoire, de haches et d’épées de bronze, sont les guerriers Maïkop, et donc par mutualisation des armements les Yamnas ensuite : dès vers – 3 700 ans.

Une épée de bronze. La plus vieille épée de bronze jamais retrouvée au monde est Maïkop : sans doute appartenant à un seigneur de guerre Maïkop. L’épée de bronze retrouvée, à lame longue pour l’époque, date du IVe millénaire av. notre ère !

Subjuguer l’adversaire, coloniser rapidement

Subjuguer des populations autochtones européennes ne connaissant ni le cheval, ni la roue, ni la domestication des moutons, ni de telles armes solides en bronze ? Absolument, mais quand l’effet de surprise est passé que se passe-t-il ? Soit les arrivants forment sur place les populations locales, avec un brassage linguistique et culturel rapide et fort. Soit une collaboration se met en place, de main d’oeuvre locale envers une élite dirigeante, avec un brassage culturel et linguistique lent et fort. Soit une élimination de peuplades locales a lieu par ces arrivants militarisés pour que ces derniers prennent les lieux et leurs ressources. C’est ce qui est arrivé en Espagne et dans les îles Britanniques. La fameuse kultur Campaniforme qui s’était constituée vers le début du IIIe millénaire depuis l’Europe centrale vers l’ouest-européen sur la base de la poussée et de la domination des proto-Indo-Européens Yamnas et Maïkop, va intégrer avec violence les aires géographiques espagnole et britannique et leurs ethnokultur.

Des colonisations armées

Une migration massive des Yamnas et Maïkop, survenue vers 2500 ans av. J.-C. depuis le continent vers la Grande-Bretagne introduit cette kultur Campaniforme dans l’île. La propagation de la kultur Campaniforme balaie en quelques centaines d’années, le patrimoine génétique autochtone à hauteur d’environ 90 %. La kultur Campaniforme avait auparavant subjugué les kultur autochtones sur le continent jusqu’à l’ouest : en Espagne le patrimoine génétique autochtone se retrouve balayé à hauteur de 40 %. Les Yamnas/Maïkop subjuguaient ainsi l’aire géographique britannique et la péninsule ibérique quelques siècles après avoir subjugué les peuplades autochtones d’Europe centrale et d’Europe du Nord. Nous avons affaire à des phénomènes de colonisation armée.

Les expansions territoriales et gains de territoires des proto-Indo-Européens Yamnas et Maïkop sont plus ou moins vastes selon les territoires ciblés : désirer un territoire vaste qui serait homogène était une conquête envisageable. Lorsqu’un territoire vaste uniformisé autour d’une kultur néolithique européenne commune était ainsi ciblé, les méthodes de conquête finissent toujours par être reproduites en s’optimisant toujours plus jusqu’à la mainmise définitive sur tout le territoire.

Remplacer : abattage des hommes, viol de leurs femmes

La nouvelle mosaïque des peuples impulsée par l’arrivée et l’activité vivace des proto-Indo-Européens Yamnas et Maïkop en Europe est notamment liée à un taux de natalité prenant de vitesse celui des peuplades néolithiques européennes. Selon une méthode violente se résumant à l’abattage des hommes autochtones européens, au viol de leurs femmes. Les hommes artisans et cultivateurs, étaient épargnés, pour mettre à profit rapide leurs connaissances de l’environnement immédiat. Abattre les cultivateurs autochtones était impossible : leur savoir-faire devenait précieux pour connaître ces nouveaux écosystèmes rencontrés, sachant aussi que les Yamnas étaient des éleveurs compétents mais de piètres cultivateurs qui dans leurs terres originelles d’entre Ukraine et mer Noire ne mettaient en culture à peine plus que certains abords de cours d’eau.

L’ADN des membres protohistoriques de la kultur Yamna est largement présente dans l’ADN des Européens modernes : de 40 à 54 % dans l’ADN des Européens modernes du nord et du centre de l’Europe, de 20 à 32 % dans l’ADN des Européens modernes du Sud. Les populations en Allemagne vers – 2 500 ans, avaient au moins 75 % de leur ADN provenant des Yamnas. La migration massive au cœur de l’Europe depuis l’Est, des Yamnas, et leur retenue par des barrières naturelles comme les Alpes et le Rhin, au sud de l’Allemagne, explique ce fort taux d’ADN Yamnas dans les Allemands de vers – 2 500 ans. Et explique que l’Allemagne entière de l’époque ait un tel taux : puisque bloqués au sud de l’Allemagne les proto-Indo-Européens Yamnas se sont répartis alors vers le centre-Allemagne, nord-Allemagne, et par effet de refoulement vers l’est-Allemagne.

L’ampleur de l’impact génétique indo-européen / Yamnaya sur l’Europe, le Caucase, le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

Avec le développement de la kultur des Haches de combat très marquée du sceau des proto-Indo-Européens Yamna/maïkop, dans le Jutland, région de l’actuel Danemark où la kultur dominante jusque-là était la kultur des Vases à entonnoir, un choc culturel semble avoir duré si longtemps que les Yamnas/Maïkop en sont venus à des méthodes d’invasion expéditive : 90 % des sépultures typiques de la kultur des Vases à entonnoir étudiées dans le Jutland, appartiennent à des hommes : tous abattus délibérément. Des hommes autochtones massacrés, donc, selon un phénomène qui semble être une expansion « coloniale » sur le territoire de la kultur des Vases à entonnoir, laquelle va d’ailleurs s’éteindre pour de bon…

Une kultur Maïkop aux racines anatoliennes

L’économie de ces tribus Maïkop puis après transfert, des tribus Yamnas, est basée sur l’agriculture par la houe (en pierre ou en bronze) et l’élevage de troupeaux bovins ou ovins, ainsi que de chevaux et de porcs. L’ensemble des possibilités d’extension territoriale vers l’Europe est intimement lié à une révolution matérielle que leurs racines anciennes anatoliennes avaient permise : la roue et ensuite les chariots tirés par des bœufs ou des chevaux offrait une nouvelle forme de vie économique basée sur la mobilité continue. Les chariots permettaient à la fois la garde des troupeaux et le transport des familles. L’invention des chariots et cette nouvelle forme plus mobile de pastoralisme sont l’oeuvre de la kultur de Maïkop vers -3 500 ans. Elle est directement issue d’ethnokulturs d’Anatolie, une Anatolie qui, déjà au moment du projet des Maïkop, d’expansion vers l’Europe, était établie comme la pionnière mondiale dans le travail du bronze mais aussi dans la domestication animale.

Verticalité du pouvoir dominée par le Roi des Maïkop

A l’orchestration de ces conquêtes territoriales se trouvent le seigneur des seigneurs de guerre, lequel a assemblé dans son sillage, par des serments de fidélité, divers seigneurs de guerre, lesquels ont assemblé des chefs de tribus, lesquelles tribus fédèrent des clans familiaux élargis, élargis à l’usage d’esclaves-combattants et d’artisans serviles notamment. Chacun est relié hiérarchiquement à plus puissant que soi. Ce seigneur des seigneurs de guerre est désigné Roi par ces derniers.

Le Prêtre en Chef en garde-fou et Haut-conseiller du Roi

Ces expansions territoriales dépendent aussi pour leur réussite des capacités du peuple colonisateur à toujours garder une vision intelligible de son propre projet de conquête territoriale. Chez les arrivants proto-Indo-Européens, qui dans un premier temps se concentrent en Europe centrale, se trouvent deux types d’élite sociale. Une masse de confréries de guerriers et leurs seigneurs de guerre respectifs : tel seigneur de guerre dispose de tant de guerriers prêts à se battre fidèlement pour lui et pour ses projets de raids, pillages, conquêtes. Aussi une classe de prêtres qui rendent le culte, exercent la divination selon le Soleil, la Lune et les astres, conseillent les seigneurs de guerre, et enseignent. Les druides celtiques sont des descendants des prêtres proto-indo-européens, en terme de rôle et de savoirs maîtrisés.

Les proto-Indo-Européens apportent dans leurs expansions territoriales en Europe de l’Est puis centrale et du Nord (soit l’aire géographique de la kultur des Haches de Combat) un modèle de société rigoureux où la hiérarchie est telle que nul n’y échappe, avec un domaine du sacré et de l’érudition en garde-fou du domaine militaire, avec un domaine militaire en protection de la classe des prêtres, des commerçants, artisans, agriculteurs, éleveurs. Si les confréries guerrières envoyaient leurs jeunes adolescents faire leur preuve de bravoure en menant raids et pillages dans des communautés extérieures voisines, avant de pouvoir les incorporer, ce balisage du terrain nourrissait la conquête définitive ou à long terme le projet de conquête, lequel n’était plus décidé par un seigneur de guerre au sein de la confrérie, ni même par le chef élu des seigneurs de guerre, le Roi, mais par le prêtre en chef de toute la classe sacerdotale d’alors. Nul Roi ne pouvait agir tout-à-fait selon ses propres volontés : il incarnait le politique, il n’avait aucun charisme sacré, encore moins divin.

Des dieux virils, demi-dieux et héros de…guerre

Un tel type de société patriarcale va progressivement faire disparaître la place de la femme néolithique européenne d’alors, qui faisait l’objet d’un culte et d’une divinisation en déesse-mère de la Fertilité, protectrice des cultivateurs. Au-delà de l’aspect symbolique de la fin de l’élaboration des petites statuettes de Vénus, aux formes généreuses, et qui permettaient de rendre des cultes en son foyer chez soi, pour incanter par exemple une météo clémente pour ses plantations, la femme est remplacée par l’homme et ses divinités multiples, lorsque de premières civilisations naîtront des brassages en Europe entre les Yamnas et certains substrats ethnoculturels locaux. Un dieu majeur dominera tout un panthéon de divinités masculines-féminines secondaires.

La guerre obtiendra la création de ses dieux virils se déclinant selon les différentes régions d’Europe, tout en conservant en réalité le même modèle de dieu partout mais empruntant des noms différents. L’héroïsme et le courage deviendront des valeurs essentielles et verront des demi-dieux et des héros légendaires les incarner. Par exemple le demi-dieu Héraclès chez les Grecs est en fait Thor chez les proto-Vikings/Scandinaves ou encore Donar chez les Germains.

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Author

Frédéric Coulon

Historien antique et religieux diplômé : pour tout vous transmettre depuis les origines du monde. Journaliste diplômé pour tout écrire de manière dynamique. Enseignant diplômé pour rendre le complexe accessible à toutes et tous. Pour tout le reste : un peu d'huile de coude et mon gros esprit de synthèse.

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Le char à chevaux, à deux roues, est inventé vers - 2 000 ans, non pas par la kultur nomade Maïkop de la mer Noire, qui avait inventé les chariots à boeufs à partir de l'invention de la roue par ses cousins anatoliens vers - 4 000 ans, mais par une kultur nomade ouralienne du nord de la Russie d'Europe. Mais cette kultur nomade ouralienne était descendante des conquérants Maïkop et Yamnayas.
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